Ange-reliquaire

Decorative Arts

Ange-reliquaire

Artist — Anonyme
Museum — Musée du Louvre

Artist

Anonyme

Category

Decorative Arts

Museum

Musée du Louvre

Description

Grand ange reliquaire debout sur un socle mouluré. Le visage joufflu, il est vêtu d’une longue robe serrée à la taille, retombant en plis harmonieux et fluides, rehaussée au col et aux poignets de larges orfrois ornés, en repoussé, d’un motif de losanges occupés par une rosace à quatre pétales et entre lesquels apparaissent, dans les éléments triangulaires, des feuilles à trois lobes. Ses mains sont fines. Ses pieds, assez longs, se placent avec aisance sur le socle, le droit débordant légèrement de la terrasse. Sa tête juvénile est coiffée de boucles dorées. Le menton est pointu, la bouche petite et un peu pincée, le nez droit ; les arcades sourcilières en arc de cercle surmontent des yeux bien ouverts. Le visage, les mains et les pieds sont rehaussés de peinture couleur chair. Les carnations du visage sont finement rendues, la peinture rosée est rehaussée de rouge-rose sur les joues et les lèvres, les yeux sont bleu très sombre sous des sourcils réservés qui révèlent la couche de dorure sur laquelle la peinture a été appliquée. Cette technique de peinture sur argent doré fut pratiquée en France au moins dès le début du XIVe siècle et était encore en usage dans la seconde moitié du XVe siècle. Il tient un reliquaire amovible en cristal de roche, assujetti par des goupilles à une bande métallique dont les extrémités sont elles-mêmes fixées sur les mains de l’ange tendues en avant, à plat, paumes tournées vers le haut. Ce reliquaire montre, sur les disques niellés de ses extrémités, un semis régulier d’hermines, sous des tympans que souligne un motif de grosses acanthes retroussées et de petits feuillages alignés en feston serré, tandis que les flèches des clochetons disparaissent sous un empilement de feuillages évoquant une brochette de petits choux. La radiographie de la statuette pratiquée en 1991 révèle que la tête, les avant-bras et les pieds de l’ange sont enfoncés dans la structure formée par les feuilles de métal, façonnées pour évoquer les drapés des vêtements, sans âme de bois, selon une technique attestée dès le XIIIe siècle. Le socle est amovible, de même que les ailes, finement ciselées d’un seul tenant, qui se fixent au dos par un crochet s’enfonçant dans un passant de métal. L’avant du socle porte les armoiries de Henri III (de France et de Pologne) apposées probablement lors du don des deux reliquaires à la chapelle de l’ordre du Saint-Esprit. Les reliques contenues dans les reliquaires MR 550 et MR 551, un fragment du bras de sainte Lucie (?) et d’une côte de saint Sébastien, ont été retirées et remises par Barbet de Jouy à l’Archevêché de Paris le 19 novembre 1877.