Tablettes à écrire : les jeux de hautes coquilles (A) et de la grenouille (B)

Decorative Arts

Tablettes à écrire : les jeux de hautes coquilles (A) et de la grenouille (B)

Artist — Anonyme
Museum — Musée du Louvre

Artist

Anonyme

Category

Decorative Arts

Museum

Musée du Louvre

Description

Les deux plaques formaient les couvertures supérieure et inférieure de tablettes à écrire ; elles étaient associées aux autres feuillets par l’intermédiaire des deux trous que l’on remarque à droite pour l’une (B), à gauche pour l’autre (A), destinés au passage de pivots métalliques ou de lacets. Chaque plaque est cernée d’une mince bordure plate. Les scènes s’abritent sous une série de quatre arcs, surmontés de gables à motifs tréflés et couronnés d’un bouquet perlé, soulignés de crochets feuillus ; des trèfles sont champlevés entre les gables. Des arbres, dont les troncs et les frondaisons apparaissent au second plan, situent les scènes dans un jardin ou dans un bois. Le feuillet qui formait la partie supérieure des tablettes, comme le prouve l’emplacement des trous de fixation, représente le jeu des « hautes coquilles » : à droite, une dame assise cache, sous un pan de son surcot étalé sur ses genoux, la tête du joueur principal, agenouillé devant elle et qu’elle s’apprête à frapper ; au centre, un jeune homme lève la main pour frapper aussi le joueur principal ; au second plan, cinq personnages (deux femmes et trois hommes) regardent la scène. Sur le feuillet inférieur se déroule le jeu de « la grenouille » : le joueur faisant la grenouille est assis en tailleur au centre ; autour de lui s’agitent sept personnages, femmes et hommes ; la femme placée derrière la « grenouille » lui tire les cheveux ; la femme et le jeune homme placés de part et d’autre lèvent la main pour le frapper. Ces deux ivoires représentent des jeux assez brutaux qui semblent avoir été très prisés à l’époque gothique. Dans le jeu des « hautes coquilles », le joueur principal, à genoux, se cache la tête et doit identifier la personne qui le frappe ; dans une variante, « la main chaude », Dans celui de « la grenouille », le joueur principal, assis en tailleur, doit attraper l’un des autres joueurs qui le battent, le bousculent ou lui tirent les cheveux. Le travail est en relief assez bas. La composition, dense, reste cependant parfaitement lisible. Les vêtements des personnages permettent d’avancer une date précise. Les femmes ont des robes collantes, décolletées, aux manches serrées ornées de rangées de boutons sous des manches ouvertes ; leurs cheveux sont rassemblés en tresses sur les oreilles. Les hommes portent la tunique courte, collante, ajustée aux hanches par une ceinture ; certains sont coiffés du capuchon à longue pointe et pèlerine. Ces traits caractérisent la mode qui s’est répandue à la cour de France vers 1340.