Groupe d'applique : Arrestation du Christ

Decorative Arts

Groupe d'applique : Arrestation du Christ

Artist — Anonyme
Museum — Musée du Louvre

Artist

Anonyme

Category

Decorative Arts

Museum

Musée du Louvre

Description

Le relief est fragmentaire : il manque la partie droite, soit une partie du corps du Christ et au moins un personnage, dont il ne reste que la main qui saisissait le Christ. Le groupe de Judas et du Christ formait le centre de la composition. Le visage tourné vers Judas, le Christ bénit de la main droite ses agresseurs, geste inattendu dans ce contexte dramatique (peut-être tenait-il le Livre dans sa main gauche) : il signifie ainsi son acquiescement à l’accomplissement des Ecritures. Son visage, de même que celui de Judas et de saint Pierre, est caractérisé par des yeux en amande très étirés, aux paupières bien marquées, un nez long et fin, une barbe fournie au menton mais en mince collier sur les joues. Sa chevelure tombe en larges boucles sur ses épaules, tandis que la raie médiane s’achève en une petite mèche courte au milieu du front. Le visage noble et idéalisé du Christ contraste avec les figures grimaçantes des deux bourreaux. A gauche de ce groupe, deux bourreaux aux mains cassées brandissaient probablement des bâtons, des lances ou des épées. Les cheveux courts, le visage encadré par une frange, ils portent l’un un bonnet pointu, l’autre un béguin (ou cale) noué sous le menton. Si le traitement des yeux est le même que pour les autres personnages, la laideur voulue des bourreaux est rendue par les traits caricaturaux : menton en galoche et nez en pied de marmite pour l’un, rides sur le front et bouche tombante pour les deux. Cette recherche de laideur n’exclut pas la subtilité du traitement, comme pour le détail du fin cordon du bonnet noué sous le menton de l’un des bourreaux. Au premier plan, saint Pierre tranche de son épée l’oreille de Malchus, figuré comme un enfant. Le style des visages est hérité de l’atelier du triptyque de Saint-Sulpice-du-Tarn (Paris, musée de Cluny), mais l’accentuation de leur caractère pointu ainsi que la grande souplesse des drapés situent l’Arrestation du Christ plus tardivement dans le XIVe siècle. L’harmonie de la composition, l’élégance des personnages, le caractère linéaire des drapés sont proches de l’art de Pucelle. Le groupe du Christ et de Judas en particulier évoque la même scène dans les Heures de Jeanne d’Evreux.