General Collection
Plaque d'iconostase : paon faisant la roue
Artist
Anonyme
Category
General Collection
Museum
Musée du Louvre
Description
La plaque, composée de quatorze fragments, représente sur un fond ocre, un paon vu de face, au cou paré de perles, la tête de profil, les ailes ouvertes faisant la roue. Sa tête nimbée est tournée vers la gauche. L'oiseau tient une feuille dans son bec. Il est inscrit dans un large médaillon perlé, de couleur verte. Dans les angles, les feuilles vertes stylisées en rais-de-coeur complètent le décor. Le thème du paon, qui symbolise à la fois la splendeur des jardins paradisiaques et l'idée de renouveau, remonte à l'Antiquité classique et fut particulièrement prisé à Byzance. On le trouve en effet abondamment illustré sur les œuvres constantinopolitaines des IXe-XIIe siècles. Le suaire en soie de saint Germain d'Auxerre réalisé à Constantinople vers l'An Mille fournit un des plus somptueux parallèles à ce décor. L'ensemble des plaques a été daté des IXe-XIe siècles, l'époque de la renaissance artistique à Constantinople sous les empereurs de la dynastie des Macédoniens (867-1056). Cette renaissance, au lendemain de la Crise iconoclaste, est caractérisée par un retour vers l'art antique et un attrait nouveau pour les arts d'inspiration orientale. La présence de la Vierge à l'Enfant parmi les quatre grandes plaques du Louvre, et celles de colonnes, de tores et de corniches, permettent de rapprocher ces éléments épars de ceux retrouvés dans les fouilles du "Monastère royal" à Preslav en Bulgarie entre 1969-1978. A partir des éléments retrouvés dans ces fouilles, il a été possible de reconstituer un revêtement d'un templon ou iconostase. L'iconostase, à l'origine des chancels du Bas-Empire, s'est développée dans les églises byzantines entre le IXe et le XIIe siècles, pour constituer bientôt une véritable cloison séparant le sanctuaire de la nef et supportant les icônes.