Peigne double : l'Annonciation ; l'Adoration des Mages

Decorative Arts

Peigne double : l'Annonciation ; l'Adoration des Mages

Artist — Anonyme
Museum — Musée du Louvre

Artist

Anonyme

Category

Decorative Arts

Museum

Musée du Louvre

Description

Toute la surface du peigne est cernée par un mince cordon torsadé. Les montants sont sculptés, de chaque côté, d’un rinceau de roses et de feuilles dentelées. Les fonds des scènes sont guillochés. Sur l’un des côtés, l’Ange s’agenouille sur la gauche ; nimbé, coiffé de boucles massées sur les oreilles, les ailes déployées, les plumes bien dessinées, il tient une grande banderole qui se déroule en hauteur. A droite, la Vierge, les mains croisées sur la poitrine, vêtue d’un grand manteau formant capuchon, est agenouillée sur un prie-Dieu. Entre des deux personnages, curieusement planté dans le vase de lys traditionnel, est sculpté un écu palé de sept pièces, autrefois peint. Des éléments en forme de pomme de pin très fuselée évoquent des arbres, derrière l’Ange et derrière la Vierge. Un segment de soleil radié apparaît au-dessus de cette dernière. De l’autre côté, deux Mages tenant des coupes couvertes, s’avancent à partir de la droite : le premier, couronné, porte une tunique à jupe plissée assez courte, maintenue par une large ceinture basse ; le deuxième, vêtu de même et muni d’une grosse aumônière, tend l’index vers la gauche – il devrait désigner l’étoile, mais l’ivoirier, qui n’a pas compris la signification de ce geste, a placé l’étoile au-dessus de son poignet ; le vieux Roi mage, agenouillé, ayant ôté sa couronne, tend à l’Enfant un calice. Ce dernier, nimbé, nu, est dans les bras de sa mère, assise sur sa couche. Joseph, coiffé d’un bonnet, debout derrière la Vierge, s’appuie sur un bâton. A l’arrière-plan, les têtes du bœuf et de l’âne apparaissent au-dessus du berceau d’osier tressé. Le travail est en faible relief. Malgré un travail parfois un peu schématique, le style est agréable, surtout dans l’Annonciation, où il faut noter le charme de l’Ange rond et joufflu, dont le manteau large et souplement drapé ferait penser à une date dans les premières décennies du siècle. Toutefois, le style plus appuyé de l’Adoration des Mages contredit cette impression, ce que confirme le détail vestimentaire des pourpoints à « jupes » courtes et plissées des deux Mages debout, type que l’on ne rencontre guère avant les années 1430-1440 et qui persiste jusque vers 1480 (cf. MRR 83).