Decorative Arts
Ange-reliquaire
Artist
Anonyme
Category
Decorative Arts
Museum
Musée du Louvre
Description
Grand ange reliquaire dressé sur un socle mouluré. Il est vêtu comme le MR 550 d’une longue robe serrée à la taille, dont les plis, moins savants, sont plus marqués et plus durs, tandis que son corps n’offre pas la même plénitude de volumes. L’orfroi du col et des poignets est également orné, en repoussé, d’un motif de losanges entre lesquels apparaissent des feuilles trilobées, mais les losanges sont ici occupés par de grosses fleurettes en rosaces, aux pétales cernés. Ses mains aux longs doigts griffus sont très grossièrement exécutées et traduisent une restauration ancienne. Les orteils pointent à peine sous l’ourlet de l’aube. La structure générale du visage évoque un ovale allongé. Au-dessus du menton agrémenté d’une fossette, la bouche est droite, sérieuse, sans pincement ; le nez est moins fort ; les sourcils, fins et sinueux, s’allongent vers les tempes dans une ligne à peine incurvée, au-dessus de longs yeux étirés en amande. Les boucles fournies de cheveux, traitées de façon très décorative, s’écartent au niveau des oreilles en larges volutes. Sur ce doux visage rêveur, empreint d’une gravité un peu naïve, la peinture, appliquée en couche épaisse dans laquelle les traits de pinceau restent sensibles, est peu soignée : elle relève certainement d’une restauration ancienne. Les ailes ont également subi des dommages : fixées au dos par un système d’agrafe, elles étaient à l’origine d’un seul tenant, mais elles ont été cassées et grossièrement ressoudées. L’évocation du plumage y est rendue par un travail de gravure plus sommaire que sur celle du premier ange. L’ange tient un reliquaire de cristal et d’argent doré directement fixé, sans lame métallique, par deux grosses goupilles traversant brutalement les mains de l’ange tendues en avant, système qui ne peut être d’origine. Les hermines semées sur les deux disques niellés de ses extrémités sont moins nombreuses et moins régulières. Le décor des architectures, élégant et équilibré, diffère en évoquant des œuvres antérieures : les rampants des tympans ajourés de trèfles sont simplement soulignés de feuilles gonflées en coques et les clochetons, moulurés, sont totalement dépourvus de motifs feuillus. Le socle amovible est mouluré et découpé d’un rang de quatre-feuilles finement ajourés, de reprise en biseau qui n’apparaît pas sur le socle de l’autre ange. Ce socle porte à deux endroits le poinçon de Toulouse, constitué par les lettres R.O.L et deux grains de remède, sous une fleur de lys, accompagnées d’un B couché. L’avant du socle porte les armoiries de Henri III (de France et de Pologne) apposées probablement lors du don des deux reliquaires à la chapelle de l’ordre du Saint-Esprit. La radiographie confirme et précise les remaniements dont l’ange a fait l’objet, qui sont particulièrement visibles aux poignets, au niveau des épaules et du cou. Les mains et les avant-bras ont été refaits ; une bande de métal a été ajoutée sous le cou pour réassurer la fixation de la tête dans le col du vêtement. Les reliques contenues dans les reliquaires MR 550 et MR 551, un fragment du bras de sainte Lucie (?) et d’une côte de saint Sébastien, ont été retirées et remises par Barbet de Jouy à l’Archevêché de Paris le 19 novembre 1877.