Crosse : Vierge à l'Enfant ; Christ en majesté

Decorative Arts

Crosse : Vierge à l'Enfant ; Christ en majesté

Artist — Anonyme
Museum — Musée du Louvre

Artist

Anonyme

Category

Decorative Arts

Museum

Musée du Louvre

Description

L’objet appartient au groupe de crosses portant au centre de la volute les figures adossées du Christ et de la Vierge, en demi-relief, placées sur une plaque de cuivre gravé, ici en forme d’amande. Ce thème est l’un des plus fréquents parmi les crosses limousines : J.-J. Marquet de Vasselot (1941) en avait rassemblé vingt-cinq, ce qui constituait le groupe le plus nombreux après ceux formés par les crosses ornées de l’Annonciation ou du combat de saint Michel avec le dragon. Il faut y ajouter les exemplaires retrouvés depuis, comme celui mis au jour en 1971 dans l’église de Saint-Benoît près de Poitiers. Cette crosse offre la particularité d’être presque totalement dépourvue d’émail : celui-ci se limite aux perles bleues placées dans les yeux, comme sur huit exemplaires du même type connus de J.-J. Marquet de Vasselot. Deux d’entre eux ont été trouvés dans des tombeaux du XIIIe siècle dont l’identification paraît assurée : la crosse, émaillée, découverte à Orléans en 1889 dans le tombeau, désigné par une inscription, de l’évêque Guillaume de Boesses (1238-1258) et celle, de cuivre doré comme l’exemplaire du Louvre, mise à jour à Angers en 1892 dans une tombe qui serait celle de l’évêque Michel de Villoiseau. S’il s’agit de réutilisations à usage funéraire, ces exemples offrent pour la datation du groupe un terminus ante quem vers 128-1261. S’il s’agit de crosses ayant appartenu à ces deux personnages, hypothèse qui ne peut être rejetée, il fut alors en dater l’exécution dans les années 1235-1240. Une telle date correspond à celle qui peut être déduite de l’examen du style et du décor de l’exemplaire du Louvre, très proche de celui d’Angers. En effet, le style des deux figures les place dans le groupe de reliefs limousins adoptant les drapés souples et les visages pleins du premier art gothique, mais la qualité plus sommaire trahit ici une exécution plus rapide. Les fins feuillages gravés sur la douille et sur la volute, du côté de la Vierge, parfois appelés « feuilles de fougère », ne sont pas rares dans le deuxième quart du XIIIe siècle, et ornent notamment le Tabernacle de Cherves, tandis que les fonds gravés laissant en réserve des rosettes sont comparables à ceux du reliquaire de saint François d’Assise. (Source : Elisabeth Taburet-Delahaye, in L’œuvre de Limoges, 1995, notice n° 98)