Service à thé de Napoléon Ier et de Marie-Louise

Decorative Arts

Service à thé de Napoléon Ier et de Marie-Louise

Artist — Biennais, Martin-Guillaume , Boullier, Antoine
Museum — Musée du Louvre

Artist

Biennais, Martin-Guillaume , Boullier, Antoine

Category

Decorative Arts

Museum

Musée du Louvre

Description

Le service à thé en vermeil de Napoléon Ier a été livré par Martin-Guillaume Biennais à l’occasion du second mariage de l’Empereur avec Marie-Louise en 1810. Il s’agissait de remplacer le service de Joséphine répudiée. Réalisé sur des modèles de Charles Percier et François Fontaine, ce service dont les pièces sont partagées entre le Louvre et le Royal Scottish Museum d’Edimbourg illustre les fastes de la table impériale, le goût très marqué pour l’Antiquité et la virtuosité de l’orfèvre de Napoléon. Le Louvre conserve une fontaine à thé, deux théières et leur panier à thé, un oeuf à thé, d'une boîte à thé, un pot à crème, deux beurriers et leurs truelles, une cafetière, un flacon en cristal bouché en vermeil. Les modèles du service sont des architectes Charles Percier et François Fontaine. Certains dessins préparatoires sont encore conservés au musée des Arts décoratifs de Paris. Conçu comme un complément du service à café, en porcelaine de Sèvres, orné des vues de l’Égypte, il comprenait une fontaine à thé, deux théières et leur panier à thé, un œuf à thé, une boîte à thé, une cuiller à thé en nacre, un pot à crème, un sucrier, deux pinces à sucre, 24 cuillers à café (pour aller avec les 24 tasses du service égyptien), deux beurriers et leur truelle à beurre, deux porte-rôties, deux salières, un bol à punch et ses cuillers, une cafetière, 48 couteaux, 12 assiettes, 12 couverts à dessert et un flacon de cristal. Pour contenir toutes les pièces, Biennais livra deux coffres. Ce service faisait partie de l’argenterie de la Couronne composée en outre du Grand Vermeil, du Vermeil ordinaire et du Vermeil de dessert. Les formes des objets du service conservées au Louvre, bien que pansues, sont encore marquées par l’influence antique. C’est le cas du pot à crème en forme d’aiguière ovoïde qui rappelle un modèle du service de Joséphine (collection privée). Biennais revendique cette source antique en qualifiant d’étrusque la forme des théières. Néanmoins l’Antiquité se manifeste surtout au niveau du décor. Les bordures des pieds, le pourtour des couvercles et les frises sont bordés de motifs néoclassiques tels que les palmettes, les feuilles d’acanthe et de laurier ou les fleurons. Les deux Victoires ailées en ronde-bosse faisant office d’anses sont également issues du répertoire décoratif antique. Elles se retrouvent en bas-relief sur la frise de la panse des théières accompagnées d’enfants ailés. La composition des frises qui ornent les différents éléments évoque les bas-reliefs grecs. Ce service, livré pour le mariage de Napoléon Ier et de Marie-Louise, porte la marque de l’événement. En particulier sur la boîte à thé rectangulaire dont la frise amatie est ornée d’un bas-relief inspiré des Noces Aldobrandines, fresque romaine, dont l’épreuve en étain par l’orfèvre Augustin Dupré est conservée au musée Carnavalet. Ce motif a d’ailleurs été répété plusieurs fois par Biennais en 1810 lors des livraisons pour Marie-Louise. La présence des armes impériales sur plusieurs pièces évoque l’événement et les destinataires. Le répertoire aquatique qui évoque la fonction du service est également récurrent. Sur la panse de la fontaine à thé sont, d’un côté, Neptune chevauchant une chimère et, de l’autre, Amphitrite sur un cheval marin. Les deux robinets de cet objet épousent la forme de dauphins et le culot est parsemé de roseaux. Sur les théières figurent des cygnes et des têtes de dauphins, animaux marins par excellence, que l’on retrouve sur le bec de la cafetière. Le choix de tous ces ornements décoratifs magnifie le mariage impérial et le régime.