Decorative Arts
Plaque dite du Paradis terrestre
Artist
Anonyme , Cour de Charles le Chauve
Category
Decorative Arts
Museum
Musée du Louvre
Description
L'ivoirier carolingien a réutilisé le revers d'un feuillet de diptyque consulaire du début du VIe siècle. Le manque d'approvisionnement en ivoire d'éléphant à l’époque carolingienne, au IXe siècle, explique le remploi du revers de ce feuillet qui était sans doute monté dans la reliure précieuse d’un livre. C’est la partie (lisse) qui servait à l’origine de cuvette pour la cire qui a été choisie par l’artiste carolingien, particulièrement virtuose, pour sculpter la face dite « du Paradis terrestre » dans une très faible épaisseur. L’artiste a choisi de conserver l’ensemble des dimensions impressionnantes de la plaque d’origine, si ce n’est l’un des bords. La face carolingienne se compose d’une bordure très raffinée, formée de végétaux, dont des acanthes, inspirés de reliefs antiques et habités d’animaux et, au centre, de sept registres superposés. Sur ceux-ci sont répartis de haut en bas : Adam et Ève nus ; centaures et sirènes ; satyres, cynocéphales et minotaure ; griffon, lions et licorne ; cerf, bélier, taureau et bouc ; cheval, dromadaire et sanglier ; éléphant et caméléon. En dépit de la présence d'Adam et Ève, il ne s'agit pas d'une illustration du Paradis terrestre mais d'une transcription des différents ordres de la Création. Cette description est extraite du livre d'Isidore de Séville, "Les Étymologies" (VIIe siècle) en partie diffusé par Raban Maur sous les Carolingiens vers 844 dans "De Universo".