Plaque d'iconostase : Vierge à l'Enfant

General Collection

Plaque d'iconostase : Vierge à l'Enfant

Artist — Anonyme
Museum — Musée du Louvre

Artist

Anonyme

Category

General Collection

Museum

Musée du Louvre

Description

La plaque (composée de onze fragments) présente la Vierge à l'Enfant en buste, identifiée par les fragments d'inscription "Mère de Dieu". La Vierge est inscrite dans un double médaillon décoré de triangles et de croix ; les angles de la plaque sont peints de motifs végétaux. Figurée de face, elle tient dans ses mains le Christ enfant bénissant installé dans un médaillon. Le type iconographique est ancien. Le l'Enfant Jésus est placé toutefois à l'intérieur d'un médaillon ovale comme sur la fresque de l'église Panagia Drossiani à Naxos. Le médaillon de forme ronde avec Christ Emmanuel sur les genoux de la Vierge apparaît sur le sceau du patriarche Photios (858-67 ou 877-86) et se diffuse, sur des icônes, des monnaies et des sceaux à partir du XIe siècle sous l'appellation la Vierge Nikopoios ou Vierge "de la Victoire". L'ensemble des plaques a été daté des IXe-XIe siècles, l'époque de la renaissance artistique à Constantinople sous les empereurs de la dynastie des Macédoniens (867-1056). Cette renaissance, au lendemain de la Crise iconoclaste, est caractérisée par un retour vers l'art antique et un attrait nouveau pour les arts d'inspiration orientale. La présence de la Vierge à l'Enfant parmi les quatre grandes plaques du Louvre, et celles de colonnes, de tores et de corniches, permettent de rapprocher ces éléments épars de ceux retrouvés dans les fouilles du "Monastère royal" à Preslav en Bulgarie entre 1969-1978. A partir des éléments retrouvés dans ces fouilles, il a était possible de reconstituer un revêtement d'un templon ou iconostase. L'iconostase, à l'origine des chancels du Bas-Empire, s'est développée dans les églises byzantines entre le IXe et le XIIe siècles, pour constituer bientôt une véritable cloison séparant le sanctuaire de la nef et supportant les icônes.